Paysages

Passer le fronton de la plage, les derniers réverbères, les dernières cabines de bain et se laisser transporter par un crépuscule naissant. S’imaginer un ciel bleu sombre, noircissant encore, des nuages blanc-gris virant au sombre et, entendre le chuintement léger d’une bise, faisant seulement claquer les drapeaux de plage. Et, sans forcer, d’un simple plissement des yeux, découvrir au loin, la bande claire de sable fin qui fait deviner un début d’horizon. Et puis, rien qu’au travers cette image, se laisser imprégner de l’air salin, qui vivifie et qui détend, préparant ainsi une nuit bercée d’un doux ressac.

Vous voulez comme ce chasseur d’images, que cet instant dure, alors, décalquer cette photo et son ambiance sur vos rétines, avant de vous en retourner.

Le rêve commence-t-il derrière cet horizon, sur sa ligne ou bien,  avant même d’y arriver ? Tout est question de plénitude et de sérénité. La fermeture maintenant de vos paupières, n’empêche en rien, la fabrication d’un autre univers. À cet horizon, votre espace spatiotemporel vous laisse incertain, vous suggérant que vous appartenez toujours au monde réel, bien que s’y déroule des événements irréels. C’est comme cela, qu’opère la magie du rêve. C’est pour ça que vous ne pourrez pas trouver d’aboutissement sur la ligne d’horizon, qui n’est qu’imaginaire. Car, pris par la tendresse de vos pensées, vous avancez toujours plus loin, désirant vous gorger de plénitude, mais vous n’atteindrez jamais réellement le plein de ce bonheur tant désiré, de ce rayonnement. Pourtant quand vous vous réveillerez ce sera l’esprit bienfaiteur du rêve que vous retiendrez. Alors, quand la nuit s’achèvera, ne croyez pas que l’horizon s’altérera, car les soirs suivants, vous y retrouverez de nouvelles limites insoupçonnées.

                   Et vos pensées elles-mêmes, deviendront votre propre horizon.

Didier d’Oliveira

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