Normalement, je devrais aimer ton plein, ton plein d’humeur et d’énergie, ton esprit. Car, aimer, c’est aimer tes yeux, ta voie, ton corps, ton odeur, le son de tes vibrations, l’odeur de ta peau, l’odeur de ton intimité. Aimer ton plein est donc naturel, mais aimer ton absence, même quand tu es présente, c’est choisir entre ; aimer ton vide et aimer mon mouchoir. Étrange mouchoir, mouchoir refuge de mes larmes. Larmes qui refusent le vide et, qui ne peuvent s’empêcher de rechercher ton image, le plein de ton être. Image vidée de ton amour, mais image active de nos amours.
Goût sucré de mes larmes qui, me rappelle le miel de ta peau. Mouchoir collecteur dont je ne peux me séparer.
Aimer ton vide est mieux que t’oublier car, dans ton vide, même quand tu es près de moi, j’entends ta voix et même ton rire, même si ton rire s’étouffe au fond de mon mouchoir. Ah ! Ce mouchoir qui est né, lorsque tu as créé ton vide, cette espèce d’espace de cloisonnement, cet espace de labyrinthe où tu as su te cacher, voulu te réfugier.
Ce mouchoir est devenu toi, j’y respire, comme je respirais tes essences et je ne sais plus m’y retrouver entre toi ou, plutôt ton vide et mon mouchoir trop plein de mes chagrins.
Masochisme du philtre d’amour, qui bien que saturé a fini par se déchirer, pour répandre en partie sa substance dans le néant, mais dont l’essence reste prégnante au travers de mon mouchoir.
Qu’en serait-il mouchoir, si toi aussi saturé de mes émotions, je finissais par te perdre. Me resterait-il ton odeur, ton empreinte ?
Je crois que oui, car d’elle qui, ne me présente que son vide, je continue de l’aimer.
Aussi, je ne me résous pas à le jeter, bien que de tendre doudou, il soit devenu éponge, sachant qu’il représente le plein et elle – le vide, mais qu’en cet état, je peux encore aimer. Vide de sa présence ou plein de ses absences, mouchoir encore un peu.
Didier d’Oliveira