Ma montagne et mes quatre saisons, sans musique

Ma saison préférée en montagne, c’est l’hiver.

Enfin, l’hiver tout blanc, celui de mon enfance. Neige, neige, neige, et glace. La saison du ski et des descentes vertigineuses, les glissades sur les lacs gelés et les « sucres d’orge » de glace que l’on suçait au bord des chemins et qui nous brûlaient les lèvres.

Ou alors n’est ce pas l’été ?

Cette saison, la montagne royaume de la randonnée. La montée est rude, le dénivelé trop fort, les mollets deviennent durs et les cuisses s’enflamment. Souffrance ! La récompense sera au bivouac. Petit plongeon délassant dans l’eau fraîche du lac et rêverie sous le ciel étoilée. Les myriades de constellations se reflètent dans l’eau devenue noire. Extase !

Ou peut être le printemps.

Éveil de la nature. Les rhododendrons et les myrtilliers s’ébrouent sous les dernières neiges, les perce-neiges s’égayent, les crocus sortent leur nez, bientôt ce sera les iris qui bleuiront les pentes. Sous le soleil qui commence à chauffer, l’herbe jaunasse verdit. Les troupeaux vont pouvoir monter aux estives.

Et l’automne, parlons-en aussi.

La saison des couleurs. La forêt s’offre ses plus belles parures, vert sombre des sapinières, rouge  flamboyant des feuillus, jaune étincelant des boulots. On peut encore voir les marmottes et les ours avant qu’ils regagnent leurs tanières, comme les isards qui descendent plus bas, s’abreuver aux torrents et aux lacs.

Les touristes sont partis, la montagne redevient leur territoire.     

Nicole

Des cuisines…

La cuisine de Mémé à Ger.

Une petite pièce sombre, l’évier était magnifique, en pierre grise taillée dans la masse mais sans robinet, et oui… pas d’eau courante. Le broc rouge trônait à coté. On allait le remplir à la fontaine, et souvent on s’arrosait un peu. La cheminée, qui fumait et noircissait tout, on se collait dedans, sur le banc avec les cousins, pour se réchauffer, se sécher, et écouter les histoires de sorcières que nous contait Mémé.

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Un temps certain

Ce matin là, je me lève dès l’aube. Pas de temps à perdre, on dit qu’il est compté. Comment combler ce temps ?

L’aube, enfin c’est plutôt quand je veux. Plus d’obligations de réveil depuis peu de temps. C’est déjà une première merveille. Prendre le temps, perdre son temps… comment savoir !

Je me lève donc, le pied droit en avant, je quitte la maisonnée sans bruit, tous sont encore endormis. Lire la suite

Combattante

La voix est chaude, calme. Elle parle, face caméra, essayant de cacher son angoisse, presque détachée sans regard vers l’extérieur. Pourtant, on la sent tendue, tendue vers son histoire.

C’est une belle jeune fille, grande, élancée, à peine sortie de l’adolescence. Elle est éduquée, réfléchie, mature, déjà presque une femme. Lire la suite

La fugue ou la belle échappée

A treize ans elle était orpheline, enfin à moitié, orpheline de père.

Avant déjà, ils vivaient pauvrement, une pauvre famille, une famille pauvre. Pôvrette !

La mère faisait les lessives pour des hôtels de la cité mariale. Elle allait chercher les draps avec sa pauvre charrette, trimait  tout le jour au lavoir du village et gagnait bien peu. Trop peu pour nourrir la famille.

La mère ne voulait pas que sa fille vienne l’aider, devienne comme elle, les mains dures et gercées toute l’année. Lire la suite