On m’enseignera la science de l’adieu.

Quand tous les yeux sont rivés sur la scène, théâtre de toutes les turpitudes humaines, quand tout le monde manipule tout le monde, quitte à se perdre et que chacun ne cherche que son seul intérêt au dépend des autres, quand dans la vraie vie des hommes et des femmes se débattent avec leurs fantômes en disant avoir vu dans le ciel des formes lumineuses se déplacer,

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Oui, mais pourquoi ?

Je ferme mes oreilles à toute évocation de problèmes financiers. C’est comme ça depuis longtemps. Je ne sais pas d’où me vient cette incapacité à supporter la moindre référence à l’argent, le moindre questionnement, la plus infinitésimale interrogation sur le montant d’une transaction quelle qu’elle soit et les éventuelles conséquences de déséquilibre financier qu’elle pourrait engendrer. C’est bien simple, aussitôt que le mot argent atteint mon oreille je l’associe au mot problème et je me ferme comme une huître apeurée, je change de sujet si c’est au cours d’une conversation, je raccroche brutalement si c’est au téléphone, d’un coup de télécommande rageur j’éteins la télévision, voyez-vous, je ne supporte pas ! Lire la suite

Nuit d’été

Aux herbes couchées je confie mon désir de m’allonger et de laisser mon esprit divaguer au gré des senteurs et des bruissements légers qui m’entourent. Les yeux mi-clos, je laisse la douceur de la nuit m’envelopper et me bercer et mon corps relâché se donne et se fond dans l’obscurité ouatée. Je ne sens plus qu’un flottement agréable, je suis poussière, graine légère attirée par les étoiles qui scintillent et m’invitent à les rejoindre dans leur ronde céleste. Lire la suite

Toi…

Chère toi

Imagine-moi scotchée devant ce tableau du peintre El Greco que j’ai vu au MET hier après-midi. « Vue sur Tolède », simple paysage d’après le titre, mais quelle puissance, quelles forces déchaînées ! Aucun personnage et pourtant j’ai eu la sensation intense d’être face à une personnalité qui me happait, me frappait de plein fouet, et ce quelqu’un, c’était toi. J’ai vu dans les jets de bleus intenses et les noirs profonds du ciel ton regard, si glaçant, si froid, celui que tu m’as lancé ce fameux soir. Lire la suite

Le sommeil m’emporte dans l’obscur de la nuit au-dessus des fougères dans les sous-bois ambrés d’où la colombe s’envole bercée par les chants lointains de l’orgue de barbarie des rues de Paris de mon enfance une douce mélodie  qui soudain se brise au fracas du canon piège de mon sommeil envolé

Annie Brottier

La dernière heure

« C’est votre dernière heure » Séance d’écriture, invisible temps, imprévisible et pourtant. J’ai la tentation de laisser libre cours à des désirs qu’en aucun cas je n’aurais cru pourvoir assouvir, à des envies que jamais je ne me serais accordée le droit de satisfaire. Mais après tout, à la dernière heure, tout peut être permis, qu’aurais-je à perdre ? Autant en profiter à fond et partir avec un sentiment de plénitude, celui qu’on ressent à l’obtention d’un objet longtemps convoité ou à la réussite de l’épreuve qu’on redoutait. Lire la suite

La voix de la femme

Profonde et chaude, chatoyante en modulations, la voix de la femme m’entraîne dès l’instant où je l’entends, dans son monde intérieur, dans le moment de sa vie qu’elle raconte et décrit. Sa voix est posée, elle n’a pas d’âge et s’écoule sans heurts, pourtant ponctuée d’arrêts qui marquent l’intensité des mots. Je sens qu’elle a vécu cette femme, qu’elle a souffert et je devine son regard intense et ses paupières ourlées de longs cils noirs. Lire la suite